LA TRANSITION

 

Ou la collapsologie positive

  • Eric Magré

Le cycle de l’eau et de la vie…

Mis à jour : avr. 26

C’est une question essentielle à notre survie. Or, la culture intensive et chimique des sols, la consommation des bovins, ou l’industrie, mettent à mal nos ressources en eau. bien sûr, toutes les régions ne sont pas égales face à ce phénomène, mais il reste préoccupant à peu près partout.

Je me suis donc préoccupé de ce qui se passait dans ma région et de ce que je pouvais faire pour limiter ma consommation d’eau. Ce n’est pas une obligation chez moi puisque ma maison est alimentée par un forage et je ne suis jamais en manque d’eau, sauf en cas de coupure de courant (cela nous ramène donc au problème de l’énergie, sujet qui est également traité dans le livre LA TRANSITION). Je vais cependant chercher à limiter ma consommation dans la nappe phréatique, convaincu que la solution globale est le cumul de solutions individuelles. D'autre part, il faut ici considérer notre consommation d'eau comme faisant partie d'un écosystème individuel ou familial dans lequel on retrouve une volonté d'indépendance alimentaire et énergétique.



Dans ma région (sud de la France) Le cumul de précipitations est de 610 mm sur l’année. C’est-à-dire que je vais pouvoir capter 610 litres d’eau par m². Avec une toiture de 160m² et des simples gouttières, je vais pouvoir capter 97 600 litres par an. En admettant que j’ai beaucoup de pertes (fuites, évaporation lors de faibles pluies), on va estimer la collecte à environ la moitié soit 50 000 litres par an.

Mettons maintenant en face la consommation (ici les valeurs moyennes) :

· WC : 3500 litres par an et par personne !

· Douche : 60 litres

· Bain : 120 litres

· Lave-linge : 50 litres

· Lave-vaisselle : 12 litres

· Vaisselle à la main : 40 litres

Si nous faisons un rapide calcul pour une famille de trois personnes, nous arrivons à environ 55 000 litres par an, soit plus que ce que nous collectons. Si nous faisons très attention à notre consommation, nous pourrons réduire à 40 000 litres. Il en resterait 10 000 litres pour arroser notre potager…

Il me faut ici faire une petite parenthèse sur les WC secs. La première idée est de se dire que l’on peut réduire drastiquement la consommation du foyer en utilisant des WC secs. Si cela vous amuse de faire vos besoins dans de la sciure, puis d’aller vous promener dans votre jardin avec votre petit sac en pleine nuit, en ce qui me concerne, je reste farouchement opposé à l’idée même du WC sec (sauf à revenir à la cabane au fond du jardin et encore…). Tout d’abord il vous faut disposer de grandes quantités de sciure de bois. Ça peut se concevoir si vous vous chauffez exclusivement avec le bois que vous coupez dans la forêt d’à côté et que vous récupérez la sciure à chaque fois, sinon vous allez devoir l’acheter.

Enfin, l’eau qui est utilisée dans les WC n'est pas perdue. Si elle part ensuite vers une fosse septique ou une station de phytoépuration, laquelle se déleste dans un drain servant à alimenter votre potager, nous sommes tout à fait dans un cas de recyclage. Si en plus, vous utilisez les eaux usées des douches, bain et vaisselle pour alimenter les WC, votre consommation intrinsèque à l'usage des WC diminue encore.

Pour en revenir à notre consommation d’eau, il nous reste donc à traiter le potager (n’oublions pas que nous sommes dans une logique où nous produisons une partie de notre nourriture). La première des choses que l’on peut faire, c’est d’utiliser le drain de la fosse septique qui va humidifier la terre en permanence. Cela représente tout de même 10 000 litres d’eau par an. Si on consomme moins de 2 litres par m² (73 000 litres par an pour nos 100m² de culture), ce qui est assez faible, si nous utilisons des graines de plantes prévues pour notre région, qui ne nécessitent quasiment pas d’eau, et que nous prenons en compte l’apport de la pluie 61 000 litres d’eau par an, et du drain de la fosse septique (5 000 litres si on compte 50% de pertes). La consommation résiduelle de notre potager devient de 7000 litres. Notre consommation sur la nappe phréatique devient alors quasiment nulle.

Mais alors, notre potager arrosé avec l’eau de pluie et notre drain de fosse septique ou station de phytoépuration, peut-il produire suffisamment ?

Les premiers retours d’expérience de permacultures qui fonctionnent bien, donnent des rendements de 300 kg de fruits et légumes pour 50m². Un français consomme en moyenne 125 Kg de fruits et légumes par an. Notre potager va donc produire environ 600 kg par an, soit de quoi nourrir 4,8 personnes. Il y aura donc de l’excédent. Nous pouvons aussi réduire notre surface cultivée à 60 m² qui permet de nourrir 3 personnes et ainsi économiser de l’eau.

Ce calcul est bien sûr théorique et il est assez probable que la récupération d’eau ne suffise pas, en tout cas dans le sud de la France, mais le modèle reste tout de même vertueux si l’on considère un réseau d’irrigation bien pensé (il y a longtemps) qui peut fournir une bonne partie de l’eau non alimentaire.

La phytoépuration : pour les septiques des toilettes sèches.

Quand vous habitez loin d’un réseau de tout à l’égout, il est nécessaire de mettre en place un système local de traitement des eaux. Historiquement, cela se présente sous la forme d’une fosse septique, une cuve dans laquelle les bactéries se nourrissent des organismes contenus dans vos eaux usées, suivie d’un drain qui évacue les eaux prétraitées dans la terre.

La phytoépuration est une extension de ce système historique, afin d’améliorer la qualité des eaux traitées. La phytoépuration ou lagunage est un système ou un jardin d’assainissement individuel des eaux usées par les plantes qui gagne à être connu. Facile d’entretien et moins cher qu’une fosse septique classique, le système d’assainissement par phytoépuration a déjà fait ses preuves dans certaines petites communes françaises depuis une vingtaine d’années. Inodore, le système se révèle non seulement efficace, mais aussi plutôt esthétique. Je me souviens, il y a bien longtemps (1987) avoir visité le centre de lagunage de la ville de Mèze (34). C’était à l’époque le premier au monde à grande échelle, faisant également office de centre de recherche sur le sujet. Quand on visitait ce centre, cela ressemblait plus à une jardinerie qu’à une station d’épuration.

La phytoépuration, un système naturel et efficace :

Si en ville la question de collecte et de traitement des eaux usées ne pose en général pas de problème - les habitations des zones urbaines étant reliées au réseau tout-à-l’égout- ce n’est pas forcément le cas en zone rurale. Parce qu’elle est facile à installer, naturelle et inodore, la phytoépuration peut être particulièrement adaptée à la campagne.

Phytoépuration : comment ça marche ?

La phytoépuration utilise les bactéries naturellement présentes dans le système racinaire des plantes pour épurer l’eau. Les bactéries aérobies (c’est-à-dire qui ont besoin d’oxygène et qui ne dégagent pas de mauvaises odeurs) « mangent » les matières organiques. Elles les transforment alors en matière minérale assimilable par les plantes. En retour, les plantes aquatiques fournissent de l’oxygène aux bactéries par leurs racines.

Ainsi, les systèmes de phytoépuration dirigent les eaux usées vers des filtres plantés d’espèces végétales soigneusement sélectionnées et capables d’absorber les polluants tels que les nitrates ou les phosphates. On utilise souvent des plantes persistantes émergentes telles que les bambous, roseaux, massettes, laîches…

Ces filtres plantés reproduisent donc un écosystème épuratoire naturel. Les filtres traitent les eaux usées en plusieurs étapes :



Les avantages de la phytoépuration

La phytoépuration présente de nombreux avantages et notamment écologiques dans la mesure où elle réduit la pollution des eaux de surface et des nappes phréatiques et qu’elle ne nécessite pas d’énergie.

• Le système de phytoépuration est fiable et performant. De plus, il s’intègre parfaitement au paysage, sans dégager aucune mauvaise odeur.

Enfin, son prix joue lui aussi en sa faveur comparé à une installation d’assainissement conventionnelle. Comptez en moyenne de 4 000 à 5 000€ pour une famille de 4-5 personnes contre 6 200 à 7 500 euros (hors taxes), selon l’Agence nationale de l’habitat (Anah). Le système a une durée de vie allant bien au-delà des 20 ans. Prévoyez une surface de 2 à 5m² par personne.

Le système de traitement par phytoépuration des eaux usées domestiques est bien entendu conforme aux exigences réglementaires.

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