LA TRANSITION

 

Ou la collapsologie positive

  • Eric Magré

Le monde d’après


A la suite de cette hypocondrie mondiale provoquée par un tout petit organisme, somme toutes naturel, cela a donné pour un temps à réfléchir sur la fragilité de notre espèce. Les médias utilisent aujourd’hui des mots comme effondrement, qui étaient inconnus du grand public il y a quelques mois. Le collapsologues qui prônent une prise de conscience en seront ravis, mais quelle sera la durée de cette prise de conscience et surtout les actes qui en découleront ? Analysons un peu la situation…


D’un côté nous avons des scientifiques comme Aurelien Barrau, qui nous dressent depuis longtemps un état catastrophique de la situation, et ils sont tout à fait légitimes à le faire et à être écouté. D’un autre côté, nous avons d’autres scientifiques, comme Jean-Marc Jancovici qui tentent de faire bouger nos gouvernants, français ou européens, dénonçant souvent l’hypocrisie ambiante, et ils sont nécessaires pour tenter d’infléchir notre société consumériste. Enfin, des hommes politique tentent de s’emparer du sujet en publiant des intentions louables qui ressemblent à un programme électoral dont chacun sait que les freins à leur mise en place sont tels que rien ne se passera vraiment. Et puis il y a les journalistes, tous focalisés sur la situation parisienne (la leur), qui s’alimentent les uns les autres, d’informations parcellaires en fake news, participant ainsi à cette hypocondrie collective. Mais finalement, quelle est la situation et que pouvons-nous faire avec nos petits moyens et à notre niveau.


Mon dernier ouvrage : https://www.ericmagre.fr/eric-magre-la-transition-livre tente une approche plus pragmatique de la situation pour inciter chacun à trouver ses propres solutions à mettre en œuvre à son niveau, mais pour l’heure, il est intéressant de rappeler à quoi nous avons à faire actuellement.


Tout d’abord, la première chose qu’il faut bien avoir à l’esprit est que nous sommes sur la terre, un écosystème complexe qui s’articule autour de diverses échelles de temps :

La première est l’échelle animale, celle dans laquelle nous nous trouvons, qui est très courte. A part des cas de méduse ou d’éponges, c’est les animaux marins qui semblent vivre le plus longtemps (autour de 200 ans). L’échelle à laquelle nous détruisons les océans est bien plus rapide qu’un cycle de 200 ans.

La seconde est l’échelle végétale, que l’on pourrait apparenter à l’échelle climatique. Certains arbres vivent jusqu’à plus d’un millier d’années, de quoi voir passer quelques générations d’humains et animaux en tous genres. Cela nous donne une idée de ce à quoi l’humain s’attaque avec la déforestation.

La suivante est l’échelle géologique, celle à laquelle nos ressources en pétroles peuvent se reconstituer par exemple, et là, autant dire que l’on est bien loin de l’échelle humaine (on parle de millions d’années). Et là, nous voyons que l’humain s’est aussi massivement attaqué aux ressources que notre planète avait mis des millions d’années à constituer.

Or, il faut bien comprendre que la Terre est un système en équilibre. Si un facteur vient rompre l’équilibre en influençant certains paramètres, alors un autre facteur viendra rétablir cet équilibre en jouant sur d’autres paramètres.

Si nous devons considérer l’humanité à l’échelle de notre planète, tout se passe comme avec une colonie de criquets dans un champs de céréales. La colonie va croitre tant qu’elle peut consommer les ressources qui lui sont offertes, puis s’effondrer jusqu’à ce que les survivants puissent avoir assez de ressources pour vivre. Notre planète va donc rétablir l’équilibre en utilisant divers paramètres, de manière naturelle.

Il est donc assez logique que la déforestation produise la mutation de certaines espèces de virus qui étaient stables et non transmissibles à l’homme, ou que le réchauffement climatique qui entraine la fonte du permafrost face ressurgir des virus qui étaient congelés depuis très longtemps (il y a déjà eu des cas d’anthrax identifiés). Nos populations occidentales vieillissantes (grâce aux progrès de la médecine notamment) et affaiblies par la pollution et la mauvaise alimentation, sont assez peu résistantes à de nouveaux virus qui nous arrivent ; par exemple, la deuxième cause de mortalité aux états unis est le surpoids (35% des causes). Cela va donc conduire à une réduction de la population nuisible pour la planète, et qui plus est en s’attaquant directement à ceux qui nuisent le plus (la nature est bien faite !).

Il est donc assez logique que la déforestation produise la mutation de certaines espèces de virus qui étaient stables et non transmissibles à l’homme, ou que le réchauffement climatique qui entraine la fonte du permafrost face ressurgir des virus qui étaient congelés depuis très longtemps (il y a déjà eu des cas d’anthrax identifiés). Nos populations occidentales vieillissantes (grâce aux progrès de la médecine notamment) et affaiblies par la pollution et la mauvaise alimentation, sont assez peu résistantes à de nouveaux virus qui nous arrivent ; par exemple, la deuxième cause de mortalité aux états unis est le surpoids (35% des causes). Cela va donc conduire à une réduction de la population nuisible pour la planète, et qui plus est en s’attaquant directement à ceux qui nuisent le plus (la nature est bien faite !).

Mais alors, nos gouvernants qui sont sensés prévoir et agir ne le savait pas ? Si, bien sûr. Aucun dirigeant ne peut ignorer le rapport Meadows qui date des années 70 et qui expliquait ce qui nous arrive aujourd’hui. On nous a donc menti pour préserver un modèle de société basé sur une économie dite néo-classique qui ne tient pas compte des limites physiques, et considère que les ressources sont gratuites !

Tout ceci est donc en train de voler en éclat, et le Covid-19 est juste une des premières manifestations du retour à l’équilibre naturel de notre planète, avec des paramètres qui ne sont pas ceux auxquels nous sommes habitués.

Nous avons déjà dégradé des paramètres de l’équilibre comme le climat dont l’échelle de temps est telle que quand nous commençons à nous apercevoir du changement, et celui-ci est déjà irréversible à notre échelle.

Alors oui, il va nous falloir changer de logiciel !

Alors oui, il va falloir se rappeler que la mort fait aussi partie de la vie.

Alors oui, nous allons devoir rebâtir complètement une société basée sur le respect des équilibres, entre les échelles de temps, le monde animal, végétal et minéral, les peuples entre eux, les communautés entre elles…

Alors il est nécessaire de reprendre notre évolution vers ce nouveau paradigme qui se dessine, en sachant que c’est la somme des petits équilibres (circuits courts, énergie non polluante et locale, alimentation locale, limitation et recyclage des déchets…) qui contribue à celui de notre planète, et donc à notre survie. Il va donc falloir laisser de côté cette hypocondrie collective pour construire notre nouveau mode de vie en acceptant que tout le monde n’y accèdera pas, et que dans une espèce, il y a les individus qui évoluent et ceux qui meurent… Il n’y a aucune raison valable pour que l’espèce humaine échappe à la règle. Soyons donc ceux qui évoluent…

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© Éric MAGRÉ 2020

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